L’Ecologie Industrielle une chance pour l’entreprise, pour le territoire

"Il faut apprendre à discerner les chances non réalisées qui sommeillent dans les replis du présent. Il faut vouloir s'emparer de ces chances, s'emparer de ce qui change. (…) Il faut vouloir la mort de cette société qui agonise afin qu'une autre puisse naître sur ses décombres"
| André GORZ “Misères du présent, Richesse du possible “ |
Mercredi 4 mars 2009 s'est tenu à Savoie Technolac, une rencontre autour du Projet COMETHE Conception d’Outils METHodologiques et d’Evaluation pour l’écologie industrielle.
Projet national lancé en 2007 par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) et qui est porté actuellement par 12 partenaires, (Université, agence de conseils et d’expertise, collectivités territoriales, technopole), la coordination du projet est assurée par l’association Orée.
C’est un projet de recherche action sur 7 territoires d’expérimentation, qui développe une méthodologie globale (enquêtes, collecte de donnée, évaluation, étude de faisabilité et d’impact, construction de scénarii, gestion durable des sites d’activités) pour mettre en œuvre une démarche d’écologie industrielle sur un territoire ou sur un parc d’activité.
Après les présentations des territoires adhérents : territoire de l’Aube, du Pouzin (Ardèche/dDrome), du bassin dunkerquois, la démarche COMETHE Métropole Savoie, nouvellement créée a été exposé.
Vous avez dit écologie industrielle ?
L’écologie industrielle prend en considération l'interdépendance des systèmes produit par la société humaine et ses artefacts : social, infrastructure, activités économiques …- mais aussi l'environnement qui les entoure.
Elle explore cette interdépendance et propose de considérer le système industriel comme une forme particulière d'écosystème.
Cette approche aussi appelée démarche d’écologie systémique, est fille de la cybernétique, des théories de la communication, de la biologie, ou encore de l’épistémologie cognitive de Piaget.
Elle repose sur la notion d’équilibre, de régulation et d’homéostasie, le tout dans un champ dynamique.
Conceptualisé par Suren Erkman, et E.Glenck, l’écologie industrielle, fait l’analogie entre la démarche d’analyse des flux physiques d’une entreprise, d’une zone d’activité, d’un territoire et le métabolisme des organismes vivants.
Ainsi la collecte et la comptabilité analytique des flux et des stocks ,de matière, d'énergie et de biens dans un territoire donné, flux entrants /sortants, peut-être comparé avec le métabolisme du vivant.
Suivant cette approche on peut considérer par analogie qu'une région ou une collectivité sont des organismes vivants « doués » d'un « métabolisme »
On parle alors de métabolisme territorial.
Le métabolisme territorial est une “démarche qui désigne l’étude des échanges existants au sein d'un territoire, c'est à dire d'une part les flux sortants (émissions, déchets, produits finis) mais aussi les flux entrants, les stocks et leurs variations, afin d'étudier la faisabilité de nouvelles solutions telles que l'éco-efficacité, la dématérialisation et plus généralement le découplage entre croissance et pollution.“
Concrètement il s’agit par exemple:
-d’utiliser les déchets comme des ressources
-de diminuer l'intensité matérielle des produits,
-de mutualiser et de réutiliser, les types de flux (eaux, matières, déchets, énergie)
au sein d'une communauté d'acteurs (collectivité territoriale, partenaires socio-économiques, fournisseurs, distributeurs…).
Les enjeux et les débouchés sont :
-Economie d’échelle .
-Amélioration de la compétitivité économique due à la concertation et coopération des parties prenantes qui se fédèrent en communauté d’acteurs.
-réduire l’empreinte écologique :préservation des ressources naturelles (Entrants/sortants)
-Renfort de l’attractivité du territoire
« le principe de l’Ecologie industrielle est de ne pas nier les nuisances industrielles mais de vouloir les transformer »
Elle anime, mobilise, et valorise une potentialité de synergie entre acteur en vue d’une :
-logique de mutualisation
-logique de substitution.
-Permet de rationaliser les facteurs économiques
-Développe la complémentarité: Elle est l'occasion de transformer les rivalités locales en «unité dynamique de forces opposées » comme les appellent Edgar Morin
-Stratégie de développement intégrant le développement durable.
Exemples :
1- La symbiose industrielle de Kalundborg
2- La ressource en eau
Sur un pôle d’activité une entreprise de transport utilisait 5000 litres d’eau pour nettoyer ses camions. Une autre entreprise à 200 mètres rejetait elle 5000 litre d’eau de refroidissement qui est était potentiellement utilisable. La démarche d’écologie industrielle à pu les mettre en relation et faire en sorte que des milliers de litres d’eau soit économisé.
3- Chamnord (Savoie) un exemple d’Ecologie commerciale en France.
Groupement d'intérêt Économique fondé en 1973 par les
commerçants de l'union commerciale (centre ville) ouverture en septembre 1977 .
Cette unité commerciale, est donc l'outil des commerçants qui
sont porteur de parts, le GIE gère les flux: EDF, EAU, Déchets, Chauffage/clim, parties communes et améliore régulièrement les conditions économiques et environnementales d'exploitation des membres.
Il semble que seulement deux GIE de ce style subsiste en France (Avignon & Chambéry).
Pour des territoires habitables
La démarche de l’écologie industrielle nous paraît être une approche naturelle et de bon sens, c’est pour cela qu’elle n’est pas appliqué systématiquement. Logique !
Nous ne pouvons qu’être favorable et encourager dans ce sens l’ensemble des acteurs du développement économique à ce saisir massivement de cette dynamique.
Ne nous cachons pas les limites de cette approche :
-Je jeu des acteurs et leurs rapports de force (Territoire = pouvoir)
-La mise en place de phase de concertation basé sur le volontariat qui implique un processus très long.
-Les différents rythmes et temporalités des acteurs intervenants sur le territoire (Entreprises, Chambres consulaires, organismes porteurs, élus)
-Appliquée à des petites unités ne produit qu’un changement incrémental.
-Absence de la contrainte démocratique (sauvegarde de l’intérêt général) qui souvent provoque des changements plus rapide.
L’impérieuse nécessité de la circulation de l’information et de la pédagogie
L'atmosphère, l'hydrosphère, la lithosphère, la biosphère, sont bien les domaines fondamentaux de l'écosystème terre, sur lequel l’homme à produit en deux siècles des transformations considérables.
Mais nous nous permettront d’y ajouter la sémiosphère et la médiasphère.
En effet sans l’interprétation des signes, la prise en compte des représentations humaines, la communication et la diffusion de l’information, aucune chance pour un changement des mentalités, des pratiques et des usages auprès aussi bien des chefs d’entreprises, que des élus et des acteurs décisionnaires et des citoyens.
Ce billet d’information que vous lisez actuellement avait pour ambition modeste de participer de cette circulation.
Pour finir et pour être toujours au plus prés de l’esprit du “P’tit Démocrate “fort de ce concept instructif , nous nous devons de faire un appel solennel aux élus de Métropole Savoie, de Chambéry Métropole, de la CALB, de la CCI, du Conseil Général :
LES RENCONTRES
Le 6 ème forum BioVision : à Lyon du 8 au 11 mars 2009
COLLOQUE : Programme PM4E 2009 17 et 18 Mars 2009
à Paris
Energie, Environnement, Enjeux Entreprise
Pour en savoir Plus:
Les Formations Universitaires en écologie Industrielles :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Écologie_industrielle
Savoie Technolac
Texte Suren Erkman Vers une écologie industrielle