Partager l'article ! Nouvelle zone économique à la Motte Servolex, Gilles Rayé, nous écrit: Nous publions intégralement la lettre que Gilles Rayé, président de ...
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Nous publions intégralement la lettre que Gilles Rayé, président de la FRAPNA Savoie jusqu'en 2008, nous a fait parvenir
(ainsi qu'à d'autres médias)
Bonjour
Je me permets de vous contacter après avoir lu, entendu et vu le débat consternant "Chiroptères versus Emploi" dans de nombreux médias, et non des moindres. Ceci concerne bien sûr un projet de zone économique sur le territoire de la Motte Servolex en Savoie, le secteur des " Epinettes" . Comme c'est souvent le cas, la caricature a pris la place au vrai débat de fond. La caricature, c'est d'opposer le Maire de la Motte Servolex, Luc Berthoud et la FRAPNA. D'un côté, on défend les emplois et de l'autre, les chauve-souris. A ce stade, on est dans la France du 20e siècle, celle qui ne pense pas encore développement durable. Mais nous avons changé de siècle et les problèmes environnementaux dont nous sommes la cause commence à bouleverser nos comportements. On ne peut pas ignorer ces problèmes graves mis en exergue par différents protocoles internationaux.
Pourquoi ma réaction ? Pour faire la morale à quelques journalistes (pas tous) qui n'ont pas fait leur travail en opposant classiquement les p'tites bêtes et les emplois ? NON. Je souhaite remettre le débat au lieu exact où il devrait se trouver : à Chambéry Métropole.
En matière de développement économique, la compétence appartient à la communauté d'agglomération. C'est aussi le cas du développement durable et en partie pour la gestion des espaces naturels. Après avoir fait mon travail d'élu, c'est-à-dire après avoir présenté la problématique d'aménagement territorial qui est posée ici (et non pas une opposition Chiro/emploi) dans les 3 commissions sus-citées de Chy Métro, et en l'absence de débat à cette date sur l'aménagement du territoire, je me permets donc de vous apporter quelques compléments d'information :
1 - La zone économique des Epinettes ne va pas détruire seulement quelques chauves-souris protégées par la loi (c'est-à-dire un texte voté par la représentation nationale que chacun a le devoir de respecter et que l'état doit faire appliquer), elle va détruire un boisement humide, l'un des derniers de la zone coeur de Chambéry Métropole. Elle accompagnera sous le béton plus de 400 ha de milieux agricoles et naturels qui disparaîtront (c'est programmé dans le SCOT) dans les 5 ans à venir. A ce rythme, l'ensemble des terres agricoles et des espaces naturels, en dehors de quelques taches, aura disparu d'ici 50 ans. Est-ce une dalle d'asphalte de Genève à Valence que nous souhaitons pour nos enfants, nous qui avons profité jusqu'au dernier mètre carré de cette belle vallée qu'était la cluse de Chambéry ? C'est ce qui est programmé ! La zone des épinettes doit être un symbole du changement de comportement des élus de Chambéry-Métropole. Nous devons offrir d'autres perspectives que du béton. Comment ?
2 - Appliquons ce que le Président de l'agglomération, Louis Besson a dit clairement dans son discours de voeux en ce début d'année 2009. C'est un changement de paradigme attendu qui passe pourtant inaperçu. Il faut DENSIFIER ! Comment fait-on ? D'abord, on intègre les parkings aux structures (ex . Fly aux landiers). On superpose Décarfour, la Boite à Feu vert, Darthlon et autres belles réalisations architecturales qui ont embellies la cluses de Chambéry. C'est ça la solution, il n'y en a pas d'autre dans ces zones d'activités sur le court terme. Nous ne sommes pas dans un problème de chauve-souris mais dans une problématique d'économie de l'espace. On peut mettre des emplois dans Chambéry Métropole, mais pas à un prix qui compromet l'avenir de nos enfants. Ces raisonnements à court terme (qui d'ailleurs n'en sont pas car car il font marcher autre chose que la raison) et ces caricatures ne peuvent occulter le vrai débat qui n'a toujours pas eu lieu (à l'exception du schéma agricole dans la commission agriculture et espaces naturels) : comment va t-on aménager l'espace dans les 50 prochaines années pour conserver une qualité de vie décente. Quels espaces naturels va t-on conserver pour que les habitants puissent profiter de lieux de ressourcement à proximité des habitations alors même que les déplacements seront moins commodes ? Comment pourra-t-on développer les circuits courts si les terres agricoles disparaissent ? Va t-on continuer longtemps à développer les zones d'activités en deux dimensions alors que la 3D (superposition) s'impose et en même temps entasser les habitants à l'exception de quelques privilégiés qui peuvent encore se payer des terrains à construire (rares) de 1300 m2 à 150.000 € ? Etc.
3 - Comme je l'ai dit plus haut, la compétence développement économique est à Chambéry Métropole, pas à la Motte Servolex. C'est donc au minimum à la structure bicéphale (A. Poncet, C. Chapuis) de la commission dévt éco de s'engager. C'est à cette commission de débattre et c'est à la commission DD (JP Burdin) de jouer la transversalité nécessaire pour gérer la problématique "Aménagement territorial". Néanmoins, puisque Luc Berthoud a répondu dans la presse sur le sujet et qu'il défend un projet que nous sommes quelques uns chez les élus à trouver incohérent, je me permet de vous rappeler un fait datant de février 2008. Pendant la campagne des municipales, alors président de la FRAPNA, j'ai fait personnellement signer des engagements dans la "Charte Ecologique pour la Savoie" à JP Vial, H. Gaymard, B. Laclais, etc. et bien sûr à Luc Berthoud. Certains engagements signés (n°1 & 8 en PJ) concernaient bien sûr l'économie de l'espace dans les zones d'activités. On s'est empressé pour signer, pour se donner un coup de peinture verte, il est de bon ton dans une démocratie que les élus respectent leurs engagements.
Pour conclure, le débat doit donc être porté au niveau de la Communauté d'agglomération de Chambéry Métropole et c'est à l'état de faire respecter les textes réglementaires concernant la protection de telle ou telle espèce, pas à une association, fût-elle reconnue d'utilité publique. Le débat ne peut donc être entre la FRAPNA, seule durant de trop nombreuses années pour défendre une qualité de vie pour tous (n'a t-elle pas sauvé à deux reprises le parc national de la Vanoise) et un élu qui n'a pas la compétence devt économique.
Les emplois du futurs seront les emplois de l'imagination, du respect de l'environnement et du cadre de vie, des emploi peu coûteux en Carbone, pas ceux du syndrome "Amonbofis" : On a toujours fait comme ça !
Cordialement, Gilles RAYE
Conseiller municipal de Saint Jeoire Prieuré
Délégué communautaire suppléant de Chambéry Métropole (suppléant de JM Léoutre)
Membre des commissions développement économique, développement durable et Espace naturels/Agriculture périurbaine